26/03/2013
Le chantier du Boulevard de la Liberté révèle un vestige du passé local
Il n’est pas rare que des chantiers entrepris dans les centres villes fassent remonter à la surface des vestiges du passé. Ce fut le cas au cours des travaux de rénovation du Boulevard de la Liberté. Le creusement de tranchées par la Société Eiffage au niveau de l’embranchement avec la rue du 19 août a permis la mise à jour de deux énormes et lourdes pierres, qui une fois assemblées forment un bassin.
La consultation de François Barnabot dont les travaux et recherches archéologiques sur le territoire viassois ne sont plus à présenter apporta quelques précisions sur cette trouvaille : Selon ses premières impressions, « ce type de bassin, installé en contrebas d’un pressoir ou d’un fouloir, aurait pu être utilisé pour recueillir le moût du raisin qui s’écoulait d’un plateau de pressage contigu. Il pourrait dater du XVIIe siècle au minimum ». Mais pour ce passionné d’histoire locale, les recherches doivent être aprofondies et peuvent s’appuyer sur le fait qu’une structure identique est conservée au domaine du Bosc.
La municipalité a décidé d’entreposer et de nettoyer la trouvaille du Boulevard de la Liberté avant sa vraisemblable future mise en valeur dans un lieu public.
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22/03/2013
Un inventaire des vestiges du riche passé local vient de commencer
A la demande de l’association Patrimoine Viassois Terre d’Oc (PAVIDOC), Céline Pardies du service archéologie de la Communauté d’Agglomération Hérault Méditerranée, épaulée par Ans Abelsma du Groupe de Recherche Archéologique d’Agde (GRAA) se sont attelées à un véritable travail de fourmis au sein de la Maison du Patrimoine. En effet depuis le mois de janvier, une fois par semaine, elles ont entrepris l’inventaire exhaustif et le rangement de tout l’abondant mobilier archéologique trouvé depuis des décennies sur les divers sites du territoire viassois. Cette opération a été décidée pour classer bien entendu tous ces vestiges du riche passé local en vue d’expositions futures mais aussi afin de dater plus précisément les sites d’où ils sont issus. A cet effet, méthodiquement, elles rentrent d’ailleurs toutes les données recueillies au fur et à mesure sur informatique.
Céline Pardies admet : « C’est vrai que la tâche est loin d’être aisée. Heureusement que François Barnabot, qui a trouvé l’immense majorité de ces vestiges avait déjà très méticuleusement effectué un classement. Et bien entendu sa collaboration sera appréciée au cours de notre mission ».
A la demande de PAVIDOC, rendez-vous a d’ores et déjà été pris avec l’archéologue du service de la CAHM pour animer une conférence le 7 juin prochain. Mais avant cette date, l’association présidée par Gérard Metge tiendra son assemblée générale vendredi 29 mars, à 18h30 au sein de la Maison du Patrimoine alors que le vernissage de sa nouvelle exposition « Paysages méditerranéens : la garrigue », aura lieu le samedi 13 avril, même lieu, même heure. Celle-ci sera par la suite à découvrir dans la salle de la Place du 11 Novembre aux heures d’ouverture.
Pour en savoir plus sur PAVIDOC : http://pavidoc.wifeo.com et sur les travaux de François Barnabot : http://archeovias.free.fr
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02/02/2013
Il y a 60 ans, la Maison du Peuple voyait le jour
C’est au cours de la séance du 15 février 1952 que la Municipalité révélait son intention de faire construire une « Maison du Peuple » considérant que ces travaux, selon le Maire le Dr Yvon Vieu, « sont indispensables et urgents par suite du défaut de convenance et de l’insuffisance des locaux dont dispose la Commune… ». Celle-ci comptait alors 2.126 habitants. Il précisait « que, vu l’urgence…, la Commune sursoit momentanément à d’autres travaux tels que la réparation de certaines rues et places, pour reporter les crédits sur ceux cités en référence ».
Pour ce faire, un terrain de 1.000m2 ayant appartenu au Dr Marès, situé en bordure de la route d’Agde, est finalement acheté. Y figure un immeuble de 10m de large et 22 m de long, construit en pierres, en parfait état, ce « qui correspond parfaitement à l’avant-projet de la Maison du Peuple que la Commune se proposait de construire ».
Plus de 2 ans plus tard, et « après aménagement et agrandissement dans les bâtiments existants », les 29 et 30 mai 1954, est programmée l’inauguration de ce bâtiment flambant neuf, avec au programme selon les vœux du maire, « une troupe et un jazz ». Le bar quant à lui, était « exploité par le Comité des Fêtes avec vente de limonades et sirops seulement ».
Depuis, cette « Maison du Peuple » devenue Salle des Fêtes, en a vu défiler des assemblées générales, des spectacles culturels, des manifestations sportives et… depuis quelques années les séances du conseil municipal. Certaines associations s’y retrouvent régulièrement comme le Club du 3e Age à l’occasion de ses après-midi récréatifs et musicaux, le Comité des Fêtes pour des thés-dansants et l’organisation du traditionnel bal de clôture du Carnaval… D’autres y pratiquent leurs séances hebdomadaires comme Retro Danse ou les Archers Viassois.
Aujourd’hui, si celle-ci reste encore appropriée pour l’organisation de lotos associatifs, ses infrastructures et sa capacité d’accueil (320 personnes debout et 160 assises) prouvent parfois ses limites pour une commune qui compte plus de 5.000 habitants.
C’est la raison pour laquelle, la construction d’une salle de diffusion de spectacles plus fonctionnelle a été décidée par la Municipalité, en lieu et place des anciens ateliers municipaux récemment démolis.
Quant à la salle de la route d’Agde, elle devrait continuer à accueillir les activités de certaines associations locales.
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19/01/2013
19 janvier 1914 : Il était tombé 80cm de neige
Vias n’a pas été épargnée par l’épisode neigeux du mercredi 16 janvier 2013. En un après-midi un épais manteau blanc de 5cm, et plus selon les endroits, a rapidement couvert la commune et son territoire. Cet événement météorologique rare a ravi, on s’en doute, principalement les enfants.
Mais dès le lendemain matin, malgré quelques appréhensions dues au manque d’habitude d’un tel phénomène, tout rentrait rapidement dans l’ordre peu à peu, sous un soleil franc et généreux. Les amateurs de photographie pouvaient alors s’en donner à cœur joie.

Même si un tel fait est toujours spectaculaire, cette journée n’avait toutefois rien à voir avec les précipitations neigeuses qui s’abattirent sur Vias il y a tout juste 99 ans, le 19 janvier 1914. A cette occasion le conseil municipal dut voter une « dépense exceptionnelle de 2.000F pour dégager les principales rues de la localité et les chemins qui vont vers la gare et vers le cimetière » ainsi que « pour tracer des chemins dans le village pour approvisionner les habitants et donner du pain aux indigents ». Cette somme dut être prélevée sur les fonds disponibles puisqu'aucun crédit n'était réservé à une situation aussi imprévisible.
Il faut dire que cette année-là il était tombé plus de 80cm selon les témoignages comme cette carte postale éditée pour l'occasion.
04:06 Publié dans Actualités, Histoire locale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vias sous la neige
03/01/2013
Lorsque orphéon et harmonie rythmaient les fêtes locales
A la fin du XIXe siècle, comme beaucoup de communes de France, Vias n’a pas échappé à la mode des orphéons, mouvement fondé par Guillaume-Louis Bocquillon, plus connu sous le nom de Wilhem. Ce mouvement, appelé également société chorale ou société orphéonique, se voulait festif et musical de masses et rassemblait des milliers de chorales masculines, le plus souvent subventionnées par des entreprises ou des municipalités. Elles étaient constituées de chanteurs issus des classes moyennes ou populaires. C’est aussi certainement grâce à Wilhem que l’on doit l’intégration du chant au sein de l’enseignement des écoles primaires.
A Vias, 1888 fut l’année où naquit son Orphéon comme en atteste l’étendard conservé par l’association PAVIDOC au sein de la Maison du Patrimoine.
Le registre des délibérations municipales nous apprend aussi que « l'an mil huit cent quatre vingt huit et le 10 Août à huit heures du soir, le Conseil municipal de la Commune de Vias s'est réuni dans le lieu de ses séances ordinaire sous la présidence de M. Marseillan, Maire, en présence de MM. Pioch, Maraval, Rassier, Coulogne, Galonnier, Estournet, Michou, Massoutié, Igounenc, Banel, Bousquet, Balestié. Absents excusés: Alberge, Gos, Pons. A l’ordre du jour était inscrite l’adoption d’un crédit supplémentaire au budget primitif de la fête nationale du 14 Juillet.
« Les dépenses ont dépassé ce crédit de deux cent treize francs trente cinq centimes qui se répartissaient de la manière suivante, savoir:
Subvention à l'Orphéon de la Commune: 100F
Organisation de l'Illumination et du bal: 60F
Port payé du feu d'artifice et retour des pièces: 53F,35 cts
Total: 213F 35 cts ».
D’autres documents exceptionnellement conservés exhibent les insignes que portaient les membres lors des sorties officielles, ou encore précisent le règlement - assez strict d’ailleurs - auquel il fallait se plier lorsqu’on avait décidé d’intégrer ses rangs :
Voici notamment ce que tient à préciser le règlement de l’Orphéon de Vias
Article 1er : Les cotisations sont mensuelles, elles sont fixées pour tout orphéoniste à 0F50 centimes, et devront être payées avant le 15 de chaque mois. Le Comité pourra diminuer ou augmenter cette côte lorsqu’il le jugera nécessaire.
Article 2 : Les répétitions seront au nombre de 3 par semaines, aux jours et heures indiquées par le Chef Directeur. Elles seront obligatoires. Tout membre qui manquera à une répétition sans raison légitime et sans avoir prévenu son Répétiteur, sera passible d’une amende de 0F50 cts et à la troisième fois dans le courant du même mois, le comité aura le droit de prononcer son exclusion.
Article 3 : Il est expressément défendu de fumer dans les salles des répétitions. Pendant les répétitions générales le silence doit être observé sur l’invitation du Chef Directeur. Toute observation sera interdite pendant le cours des répétitions.
Article 4 : Il est expressément défendu à tout orphéoniste de chanter hors les salles des répétitions des morceaux du répertoire ou étant à l’étude. Tout contrevenant sera passible d’une amende de 1 Franc.
Article 5 : Dans les circonstances ou l’Orphéon est appelé à sortir en corps, tout orphéoniste est tenu d’y assister avec ses insignes.
Article 6 : Les insignes de la Société ne pourront être portés par les orphéonistes que dans le cas où l’Orphéon sera appelé à sortir en corps.
Article 7 : Après l’affichage du présent règlement tout candidat qui désirera faire partie de l’Orphéon devra être présenté par un parrain : s’il est admis il devra verser une somme de 2F.
Article 8 : L’Orphéon reçoit des membres honoraires moyennant une cotisation mensuelle de 1F, payable à l’avance. Ils ont le droit d’assister aux répétitions générales et pourront profiter des avantages accordés à la Société dans les concours.
Article 9 : Les frais nécessaires pour se rendre à un concours seront supportés par les fonds disponibles de la caisse.
Article 10 : En cas de décès de l’un de ses membres, l’Orphéon sera tenu, d’une manière obligatoire, d’assister à ses funérailles.
Article 11 : L’Orphéon doit sortir et se faire entendre pour les solennités suivantes :
1°) La Fête Nationale – 2°) La Fête Locale – 3°) La Fête de la Sainte-Cécile patronne de l’Orphéon.
Article 12 : Dans le cas où l’Orphéon viendrait à se dissoudre, l’argent restant en caisse sera partagé au prorata entre les orphéonistes restant. Tous les objets appartenant à l’Orphéon seront remis entre les mains du Conseil Municipal qui les tiendra à la disposition d’un autre Orphéon quand il sera constitué.
Mais peu à peu, le chant choral s’est étiolé au profit d’une pratique instrumentale liée à l’apparition de nouveaux instruments à vent qui permettent la création de fanfares et d’harmonies. Les défilés officiels sont désormais partout accompagnés de musique. Après la première guerre, de nouvelles organisations de pratique musicale populaire voient alors le jour. Ce fut sans doute également le cas à Vias où comme le dit Henri Vittumi, historien local, dans un numéro de « Vias Terres du Sud » consacré à la musique « dans l’entre-deux guerres, des photographies d’époque portent témoignage d’une harmonie … ».

Ce magnifique document photographique où des Viassois jeunes et moins jeunes, ont fière allure dans les habits de parade de l’Avenir Musical tend à le confirmer. Paradoxalement, peu de documents connus donnent de plus amples précisions sur l’activité de cette formation. Par contre, certains reconnaissent bien volontiers encore quelques anciens…
08:06 Publié dans Histoire locale, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : orphéon vias, avenir musical de vias, chorale à vias, fanfare à vias
17/11/2012
La mémoire de deux aviateurs anglais tombés à Vias en 1944 a été saluée
Cette année encore, en ce début novembre, la section d’Agde du Souvenir Français présidée par le Commandant Daniel Soulliaert, a honoré la mémoire des deux jeunes aviateurs anglais, tombés loin de chez eux, en mission au-dessus du sol viassois au cours de la 2e guerre mondiale.
C’est en présence de porte-drapeaux, de Richard Monedero, Maire, entouré de membres du conseil municipal, et d’une assistance attachée aux valeurs du souvenir, qu’eut lieu cette cérémonie au cimetière de Vias.
Dans son hommage, Richard Monedero rappela ce qu’il y avait d’inscrit sur la stèle : « Notre cher George, tu vivras à jamais dans le cœur de ceux qui t’aiment. A notre fils unique Jim qui est mort si jeune… C’était l’expression des familles du pilote Jim Kingsbury (21 ans) et du navigateur George Yerbi (23 ans) ; de ces familles britanniques qui avaient perdu leurs fils dans ce terrible conflit où, à un moment de l’histoire, la Grande-Bretagne s’était retrouvée seule face à l’Allemagne Nazie et à ses alliés… »
« … C’est à Vias, le 11 avril 1944, que le bimoteur Mosquito des flying officers Jim et George s’est écrasé et a pris feu après avoir détruit une locomotive du dépôt de Narbonne. »
Avant de poursuivre : « Nous ne serons jamais assez reconnaissants à l’égard de tous ces soldats venus des quatre coins du monde, morts pour la France, morts pour la défense de la Liberté contre cette barbarie qui avait pour règle la déportation et l’extermination de ceux qui étaient différents qu’ils soient juifs, tziganes ou homosexuels,… »
Auparavant avait été effectué un dépôt de gerbe devant la sépulture, suivi d’une minute de silence.
07:00 Publié dans Actualités, Histoire locale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : aviateurs anglais, commandant daniel soulliaert, souvenir français, jim kingsbury, george yerbi
15/11/2012
97 ans après, le poignant témoignage d’un « Poilu » Viassois refait surface contre l'oubli
Comme à l’accoutumée, la commémoration de l’armistice de 1918 a réuni au monument aux morts, une nombreuse population, toutes générations confondues autour des élus, des anciens combattants et leurs porte-drapeaux. Cette année, cette manifestation patriotique fut d’autant plus empreinte d’émotion qu’elle fut marquée par la lecture d’une lettre écrite par un « Poilu » Viassois, dans une tranchée sur la ligne de front en Moselle quelques jours avant son décès. A cette occasion, Sandra Bartoli, aux côtés d’André Blanc, prêta sa voix à Cyprien Cabanel, parent de Daniel Dussutour qui a découvert cet émouvant témoignage dans ses archives familiales.
La voici dans son intégralité : « Le 29 mai 1915,
Chère mère, chères cousines,
C’est encore sous l’impression des combats de la nuit dernière que je vous donne de mes nouvelles.
On a beau avoir du courage, il y a des moments où l’on perd la tête ; mais visiblement la protection divine s’est manifestée sur moi. Oui, priez, priez pour moi, car, de mon côté je ne cesse d’invoquer Dieu et la Sainte Vierge. Je vous envoie une page de mon carnet de tranchées qui vous relatera l’action de la nuit dernière et que vous voudrez bien communiquer à Rosa.
Vous me demandez ma mère, si l’appétit va bien. Hélas !... Il ne va pas trop mal, mais la violence de l’éclatement des obus vous met l’estomac sur la poitrine. Allez manger dans ces conditions. Et puis, il y a cette insupportable odeur de poudre. Heureusement que nous ne restons pas continuellement dans les tranchées : Alors, l’on s’en donne à plein ventre, c’est le mot. Je ne sais pas quand finira la guerre car rien ici ne nous en fait prévoir l’issue.
N’allez surtout pas croire les racontars des journaux concernant le manque de munitions dans l’armée allemande. Ils en ont à revendre et en consomment le double que nous, heureusement inutilement. Surtout, lorsque je songe que le 28, ils nous ont envoyé tout l’après-midi en deuxième ligne, un nombre incalculable de marmites qui faisaient un bruit effroyable creusant d’énormes trous et aucune n’a pénétré dans nos tranchées. Il n’en est pas de même de nos 75 qui leur mettent les leurs sens dessus dessous.
Espérant vous en dire plus long un autre moment, je vous quitte en vous embrassant à tous de bon cœur et me recommande à vos bons souvenirs. Votre tout dévoué fils et cousin pour la vie qui vient d’être certainement cité à l’ordre du jour pour avoir avec ses camarades du 353e , arrêté l’offensive allemande dans la matinée du 26 mai 1915 qui a permis de conserver la majeure partie des tranchées boches conquises dans la nuit du 27.
Cabanel Cyprien, 353e/ 21e Cie / 5e Escouade / Secteur Castrel / N°84.Je compte faire demain dimanche 30 mai, la sainte communion en union de prières avec ma chère Marguerite. ».
Cyprien Cabanel joint en effet à sa missive une page de son carnet de tranchées témoignant de l’horreur quotidienne que côtoyaient les hommes en première ligne sur le front en 1915 :
« 27 jeudi.
Nous n’avons pu aller trinquer avec Tarbouriech et pour cause, partis à 4h ½ du soir de Montauville, nous avons été nous poster en 3e ligne. Dès notre arrivée, commence un terrible combat d’artillerie qui dure plus de deux heures, auquel a succédé l’assaut des tranchées ennemies, précédé d’une explosion de mines. Il y a eu beaucoup de victimes des deux côtés tant morts que blessés. Nos soldats ont enlevé deux lignes de tranchées et fait une trentaine de prisonniers. Lorsque le calme fut un peu rétabli, notre compagnie a été désignée pour porter des munitions, cartouches, roquettes, grenades, dans les tranchées conquises, mais une fois là-bas, nous sommes restés comme renforts pour occuper nos nouvelles positions. Ça a été pour nous une très mauvaise nuit durant laquelle la fusillade et la canonnade ont fait rage. Au lever du jour, l’ennemi a contre-attaqué par trois fois. Les deux premières il fut repoussé, mais à la troisième, nous manquions de munitions et surtout de direction. Il fallait céder du terrain, la panique était dans nos rangs. Chacun fuyait comme il le pouvait. Pour ma part, affolé de ne pouvoir avancer ni reculer dans les boyaux encombrés de soldats, je montais sur le plateau et eut la chance d’arriver à l’entonnoir sans blessure. Les balles sifflaient à mes oreilles. Je dus traverser des fils barbelés et sauter une tranchée. Par trois fois je suis tombé les jambes se dérobant sous moi. Dans les boyaux mes camarades pleuraient, l’on entendait les cris de : ma femme, ma fille, ma mère. Chacun croyait son dernier moment venu et plus d’un priait tout haut quand enfin arrivent quelques officiers qui arrêtent les fuyards, remontent le moral des hommes et organisent la défense des tranchées. En cette occasion le 353e s’est distingué. Un barrage fut établi, les munitions affluèrent, le courage se raffermit et le flot des envahisseurs fut arrêté. Une grande partie des positions conquises restent entre nos mains et ont été aussitôt organisées. »
Cyprien Cabanel est mort le 6 juin 1915, soit 10 jours après avoir écrit cette lettre. Il fit partie des 66 noms de Viassois égrenés par les enfants de l’école Jean Moulin et suivis de « mort pour la France ».
07:33 Publié dans Actualités, Ecoles, Histoire locale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : 11 novembre vias, cyprien cabanel, guerre 14-18, daniel dussutour, sandra bartoli, andré blanc, poilu viassois




